M. le
(mon) député.
Je
souhaite par ce présent courrièl vous faire part de mon
souci grandissant face à la manière dont notre ministre
de l'intérieur gère la situation des "sans
papiers" dont les enfants vont à l'école. Je suis
très inquiète de constater que des milliers de familles
ont été "prises en traitre" par une
circulaire qui leur a fait croire qu'ils pouvaient honnêtement
continuer à vivre dans notre pays en s'intégrant,
notamment par la présence de leur enfants dans l'Ecole de la
République.
J'ai
personnellement des contacts aux Etats Unis, en Irlande et en
Afrique du Sud avec des gens qui suivent la situation de près,
et pour eux, il n'y a aucune hésitation à avoir face à
la manière dont on traite ces gens: nous sommes face à
un comportement absolument inadmissible de persécution
organisée, nombre d'entre eux parlent de déportation
(voir articles de divers journaux du monde sur le sujet).
Voici
des familles qui souhaitent vivre tranquillement en éduquant
leurs enfants pour qu'ils deviennent des citoyens de ce pays, pour
qu'il offrent quelque chose à ce pays, et notre réponse
est: "venez, montrez -nous où vous habitez , nous
pourrons plus facilement vous mettre dehors puisque vous avez été
honnêtes".
J'ai vu
des reportages sur la manière dont on a traité les cas
de ces familles. J'ai vu une employée de préfecture
demander à un couple d'Angolais s'ils "parlent français
entre eux à la maison". Non, mais, qu'est-ce que c'est
que ces bêtises? Depuis quand doit-on parler français à
la maison pour vivre dans ce pays? Vous-même qui avez un nom
qui sonne plutôt de l'est et qui habitez dans une territoire
qui a été maintes fois promené dans sa
"nationalité", vous savez qu'encore aujourd'hui,
nombre de familles alsaciennes parlent leur dialecte à la
maison. Cela les rend-elles moins "intégrées"
ou "intégrables", et moins françaises?.
Tout
ceci est inadmissible. Je suis personnellement très en colère
contre ce que nous permettons dans notre pays. C'est une véritable
honte.
Les
familles qui demandé à être régularisées
ne sont certainement pas celles qui posent des problèmes.
Elles sont certainement, par contre, les plus vulnérables, car
elles ont des enfants qui vont à l'école. Et c'est à
elles qu'on s'attaque aujourd'hui. Je n'en peux plus et beaucoup
d'autres avec moi n'en peuvent plus de ce climat qui ressemble tant à
celui d'avant guerre pour nos concitoyens juifs.
S'attaquer
aux plus faibles est l'œuvre de lâches, de couards qui n'osent
pas dire que depuis des années, des visas sont distribués
contre espèces sonnantes et trébuchantes à des
voyous notoires et des prostituées en devenir (qui le
deviennent de toutes façons ici et enrichissent des
proxénètes) par des fonctionnaires de nos ambassades.
Pourquoi ne s'attaquent-on pas à ceux -ci et ceux-là?
Parce qu'ils n'ont pas d'enfants scolarisés? Par que certains
chez nous profitent bien de la situation?
Allons,
il faut arrêter l'hypocrisie ambiante pré-électorale.
M. Sarkozy n'a pour autre but que le pouvoir pour le pouvoir et il
est en train de ce fait de déconsidérer les gens de
droite (dont je ne suis pas, je vous l'avoue) honnêtes et
attachés aux principes de notre démocratie et de notre
République. Il est en train surtout de déconsidérer
notre pays tout entier.
Il est
évident que non-seulement l'application mais surtout les
termes même de cette circulaire s'inscrivaient en dehors des
droits humains les plus basiques. Comment par exemple peut-on exiger
de personnes de "ne plus entretenir aucun lien avec leur famille
dans leur pays d'origine". C'est absolument scandaleux!!!! Et ce
simple critère pouvait permettre d'empêcher la grande
majorité des demandeurs d'obtenir une régularisation.
Je ne comprend même pas comment une tel critère a pu
être permis dans une circulaire à une loi de la
République au vu de la Déclaration Universelle des
Droits de l'Homme et de notre Constitution… Comme diraient mes amis
américains: "It's outrageous".
M.
Zumkeller, même si je m'attends de votre part à une
réponse plutôt convenue en ces temps de langue de bois,
j'espère qu'au fond de votre amour propre de représentant
du peuple, donc de moi-même, puisqu'ici vous serez ma voix (et
peut-être aussi celle de personnes qui pensent le contraire de
ce que vous avez lu, que votre métier est difficile!),
j'espère que vous saurez voir les choses du point de vue d'un
de ces pères ou mères de familles qui ont cru en la
parole de notre ministre de l'intérieur et voulu pour leurs
enfants un avenir correct dans l'honnêteté libérée.
J'espère
que vous verrez que notre pays commence à avoir une image
désastreuse dans nombres d'endroits de cette planète
mondialisée où des millions de français vivent
dans d'autres pays et de voudraient vraiment pas qu'on les traitent
comme cela.
Pour
notre amour-propre à tous, pour le respect de notre
République, M. le Député, je vous prie de bien
vouloir, avec vos collègues représentants du peuple,
exiger la mise en place d'une commission d'enquête
parlementaire afin de faire la lumière sur les conditions
exactes dans lesquelles s'est déroulé le traitement des
demandes de régularisation.
Avec
toute ma considération citoyenne.
C. N.