Articles de presse sur la commission d'enquête
Création d'une commission d'enquête sur les conditions d'application de la circulaire du 13 juin 2006 relative à la régularisation d'étrangers parents d'enfants scolarisés
groupe CRC - 26 Septembre 2006
EXPOSE DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La régularisation de la situation des étrangers parents d’enfants scolarisés constitue l’un des thèmes forts de l’actualité de cet été et de la rentrée 2007. Plus de 30 000 demandes de régularisation, 33 538 au total, ont été déposées dans les différentes préfectures.

En cette fin du mois de septembre, un constat s’impose : seuls 6 924 adultes sans-papiers ont été régularisés au titre de la circulaire du 13 juin 2006.

Il convient donc de s’interroger sur les conditions d’examen des dossiers de régularisation, afin de savoir si les critères d’appréciation ont été appliqués de manière objective ou si, au contraire, l’arbitraire a motivé les décisions des préfectures.

La question mérite en effet d’être posée, tant les disparités dans le traitement de ces dossiers entre les départements et au sein de ceux-ci furent flagrantes et tant le retard pris dans l’examen de certain fut important.

En juin dernier, dès la publication de la circulaire, le Ministre de l’intérieur prédisait entre 6 000 et 7 000 régularisations, alors que les dossiers commençaient à peine à se constituer en préfecture.

Le 24 juillet, il estimait à quelque 6 000 personnes le nombre de sans-papiers susceptibles d’être régularisés.

Tout laisse donc supposer que l’arbitraire a prévalu dans l’examen des dossiers, ce qui pourrait d’ailleurs expliquer l’afflux de réponses presque toutes négatives enregistrées depuis la mi-août.

De nombreuses familles, qui entraient pourtant dans les critères de la circulaire, n’ont pas été régularisées.

De nombreuses zones d’ombre entourent l’application de la circulaire du 13 juin. Des quotas ont-ils été établis, de manière officieuse, par le Ministre de l’Intérieur, et ce dès le mois de juin ? Pourquoi a-t-on pu constater tant de disparités entre les départements ? Que vont devenir les quelques 26 000 sans-papiers, déboutés de leur demande ? Est-ce une coïncidences si ce chiffre correspond au quota fixé par le Ministre de l’intérieur concernant le nombre de reconduite à la frontière à exécuter en 2006 ?

La Haute autorité de lutte contre les discriminations s’est elle aussi interrogée sur ces demandes de régularisation. Dans un courrier daté du 4 septembre et rendu public le 14, elle a alerté le Ministre de l’intérieur sur les difficultés que pourrait soulever, au regard de la Convention européenne des droits de l’homme, le critère de la circulaire réclamant l’absence de lien de l’enfant avec le pays dont il possède la nationalité.

Nombre de refus ont pourtant été motivés sur ce seul argument.

Une commission d’enquête parlementaire s’impose, par conséquent, pour clarifier les conditions d’application de la circulaire du 13 juin 2006 afin d’établir toute la transparence nécessaire les critères retenus dans l’examen des dossiers de régularisation des parents sans-papiers.

Telles sont les motivations qui conduisent les sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen à vous proposer la création d’une telle commission d’enquête parlementaire.

PROPOSITION DE RESOLUTION

Article unique

En application de l’article 11 du Règlement du Sénat, est créée une commission d’enquête de vingt et un membres chargée d’investiguer sur les conditions d’application de la circulaire du 13 juin 2006.

REGULARISATION DES SANS-PAPIER : IL FAUT UNE COMMISSION D'ENQUETE
COMMUNIQUE nicole borvo(pc)
République Française

COMMUNIQUE nicole borvo(pc)

REGULARISATION DES SANS-PAPIER : IL FAUT UNE COMMISSION D’ENQUETE

J’avais, au nom du groupe communiste républicain et citoyen du Sénat, effectué auprès de la Commission des Lois, une demande de mission d’information sur les conditions de mise en application de la circulaire du 13 juin 2006 relative aux régularisations des étrangers sans papier dont un enfant est scolarisé.

Depuis cette demande, Nicolas SARKOZY, ministre candidat, a tranché : sans attendre l’examen de l’ensemble des 33.000 demandes déposées, il a décidé de répondre positivement à 6.900 d’entre eux, c’est-à-dire, le nombre qu’il avait indiqué dès le mois de juillet.

Les dossiers ont donc été examinés dans un cadre préétabli, dominé par l’arbitraire.

La décision étant aujourd’hui prise, j’ai déposé, avec mes amis sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen, auprès du Président du Sénat, Christian PONCELET, une demande de commission d’enquête sénatoriale sur les conditions d’application de la circulaire du 13 juin 2006 soit décidée et mise en place.

C’est en effet au parlement de veiller que le pouvoir exécutif ne joue pas avec la vie de dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants.

C’est à un rappel à l’ordre humaniste auquel nous convions le Sénat.

"Une commission d'enquête doit faire la lumière sur les critères de régularisations"
LEMONDE.FR | 19.09.06 | 15h08
Mouloud Aounit, président du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), estime nécessaire de faire la lumière sur les conditions d'application de la circulaire du 13 juin.
D'après les dossiers suivis par le MRAP, les premières demandes de régularisation adressées en juillet aux préfectures ont reçu un traitement plus favorable que celles envoyées en août.

Propos recueillis par Mathilde Gérard

Pour écouter l'interview de Mouloud AOUNIT

France : Sarkozy annonce la régularisation de 6.924 parents et enfants
Publié le lundi 18 septembre 2006 LE JOURNAL CHRETIEN
Nicolas Sarkozy a annoncé le "chiffre exact et final" de régularisations sur les 30.000 dossiers déposés. Le MRAP demande une enquête parlementaire.

L e ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy devait annoncer lundi 18 septembre au soir, dans un entretien à France 2, la régularisation de 6.924 personnes, au total, dans le cadre de la circulaire du 13 juin dernier sur les familles sans-papiers ayant des enfants scolarisés en France. A l’origine de la mobilisation autour de ces familles, le Réseau éducation sans frontières (RESF) se félicite certes de ces régularisations, mais appelle à poursuivre la mobilisation "pour toutes les familles dont les demandes ont été rejetées", appelant à une "insurrection des consciences". Le ministre de l’Intérieur doit révéler ce chiffre au cours d’un entretien qui sera diffusé sur France-2 dans l’émission "Complément d’enquête" à partir de 22h40. "Le chiffre exact des gens qui ont été régularisés au titre de la circulaire du 13 juin est de 6.924 (...) C’est le chiffre final puisque maintenant, la circulaire est terminée", explique M. Sarkozy dans cet entretien dont l’Associated Press a obtenu le script.

"Pas d’arbitraire"

Les personnes qui n’ont pas de papiers "ont vocation à partir", réaffirme le ministre. Près de 30.000 demandes ont été déposées entre le 13 juin et la mi-août.

Le 25 juillet dernier, le ministre de l’Intérieur avait annoncé qu’environ 6.000 personnes seraient régularisées. "Je ne suis pas devin. Cette extrapolation, je l’ai faite quand on avait 15.000 dossiers déposés. Et l’extrapolation que les services des préfectures avaient faite, à la vue de ces premiers dossiers, de ces 50% du total, nous amenait à la conclusion que l’on serait à peu près dans cette épure, entre 6.000 et 7.000 régularisations", dit-il aujourd’hui. "En France, il n’y a pas d’arbitraire", affirme M. Sarkozy alors que les associations ont dénoncé pendant toute la procédure des différences de traitement d’une préfecture à une autre. "Le seul critère d’appréciation", déclare-t-il, "c’est celui de la volonté de devenir Français, selon des tas de façons. Par exemple, quand vous êtes en France depuis trois ou quatre ans et que vous ne parlez pas un mot de français, ce n’est pas la marque de quelqu’un qui veut s’intégrer".

Une enquête parlementaire

Les associations qui défendent les familles sans-papiers ayant des enfants scolarisés n’entendent pas relâcher la pression malgré ces annonces et continuent à réclamer une régularisation massive, ce qu’écarte fermement le ministre de l’Intérieur. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), notamment, a demandé lundi la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire "afin de faire la lumière" sur les critères retenus pour la régularisation des sans-papiers. "Devant les disparités de traitement des préfectures et le chiffre quota annoncé (6.000 parents d’enfants scolarisés, ndlr) avant même que les dossiers soient traités, tout porte à craindre que l’arbitraire a prévalu sur le respect même des critères que le ministre avait lui-même fixés", écrit le MRAP dans un communiqué. Il "réitère sa demande de régularisation globale de toutes les familles concernées".

23.000 familles à régulariser

Mais Nicolas Sarkozy estime qu’il faut "regarder dossier par dossier, en essayant le plus honnêtement possible de faire entrer ceux qui peuvent travailler, avoir un logement, et veulent s’intégrer, et de refuser les autres". "On est très content pour les 6.924 régularisations qui ont été obtenues grâce à la mobilisation, mais il manque encore 23.000 familles qu’il faut régulariser, au sein desquelles environ 50.000 enfants", a déclaré lundi le porte-parole de RESF Richard Moyon. "La mobilisation continue plus que jamais", a-t-il ajouté. "Nous appelons l’ensemble des établissements scolaires, les élèves, les parents et tous les citoyens sensibles à la solidarité à prendre les familles sous leur protection. Nous appelons à l’insurrection des consciences. Les expulsions que Sarkozy promet n’auront pas lieu".

Il régne un malaise...
MIDI LIBRE 24 septembre page 3
OUI - Il régne un certain malaise à la Préfecture depuis que Nicolas SARKOSY a annoncé un nombre - précis et non modifiable - de régularisation de sans-papiers. Les services de l'Hérault n'avaient pas fini l'examen des dossiers.